C'est en forgeant que Nicolas est devenu forgeron

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Nicolas a traversé la frontière franco-belge pour venir exercer ses talents de chercheur à la SWDE. C'est dans la région de Charleroi où il s'est installé que la flamme qui l'animait depuis l'enfance fait des étincelles. Au Bois du Cazier à Marcinelle, il découvre le travail de la forge et tout un savoir-faire qu'il s'attache désormais à faire vivre pendant ses temps libres.

Responsable des statistiques et contrôles de données à Couillet, Nicolas se souvient du gamin fasciné par le feu rougissant sous les grillades estivales : « Quand j’étais petit, j’adorais observer les braises du barbecue et voir comment les matériaux réagissaient à la chaleur ». A l’aube de la trentaine, la fascination ne suffit plus. Le plus Carolo des Français s’inscrit à une initiation au travail de la forge proposée par le Bois du Cazier à Marcinelle. Cette simple séance d’une heure est déterminante.

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La passion de Nicolas est née devant les braises d'un barbecue. Elle s'es poursuivie aujourd'hui dans les flammes de la forge du Bois du Cazier ©SKettani

Là, il sait qu'il veut forger. Marteler. Faire résonner les coups sur l'enclume. Façonner le métal que la chaleur a rendu plus malléable. Pour lui, cette initiation est un choc. « J’ai compris ce que voulait dire l’adage : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Ce qui me paraissait simple ne l’était pas du tout. C’est comme regarder un guitariste jouer. On se dit que c’est facile : on pince des cordes, on place ses doigts… Puis on essaie et on fait plus de bruit que de musique ! ».

Maîtriser le feu

Impatient, enthousiaste, presque habité, Nicolas s’inscrit à des cours du soir à La Louvière. Il veut apprendre les bases de ce métier d'antan. Comprendre les gestes. Maîtriser le feu. Il veut aussi s’entraîner chez lui. Il installe alors une petite forge à gaz dans son garage. Pas une folie coûteuse : quelques outils, un fourneau portatif version classique et fonctionnelle… environ 500 €. Mais très vite, il se rend compte que le vrai défi, ce n’est pas le prix de départ.

« Le problème, quand on décide de s’équiper, ce n’est pas tant le coût du matériel que l’emplacement… et le prix du combustible. J’ai d’abord dû installer une ventilation performante pour éviter les intoxications au monoxyde de carbone. Et si on s’y met sérieusement, il faut compter quelques dizaines d’euros de gaz par semaine. Sans parler du bruit : le premier soir, un voisin est venu me voir. Il m’a dit qu’il ne supporterait pas le marteau toute la soirée. J’ai dû revoir mes horaires… ».

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Forger à domicile peut vite agacer les tympans du voisinage. Nicolas en a fait l'expérience ©SKettani

Pour continuer à s'exercer sans s'attirer les foudres du voisinage, Nicolas loue un local sur un ancien site industriel. Un lieu brut, équipé de forges fonctionnelles. L'endroit parfait ? « Il m’est arrivé d’y aller à trois heures du matin pour travailler tranquillement. C’était sympa. Mais il faut bien avouer qu’en pleine nuit, tout seul, c'est assez sinistre ! »

Un travail de mémoire

Un peu plus d’un an après ses débuts, Nicolas se sent assez ferré pour rejoindre le collectif des « Forgerons bénévoles » du Bois du Cazier et transmettre, à son tour, les gestes et les techniques qu’il a appris. Chaque premier samedi du mois, il accueille autour de son foyer des visiteurs jeunes et moins jeunes auxquels il fait toucher du doigt toute la magie d'un métier ancien. Une heure pour rappeler que la forge, c’est autant de précision que de poésie.

Participez aux initiations à la forge de Nicolas

Pour travailler à la forge, l’idéal serait d’avoir trois mains : une pour tenir la pièce, une pour tenir le marteau et une troisième pour l’outil qu’on place entre les deux.

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Nicolas, Responsable des statistiques et contrôles de données - Couillet

Après deux ans de pratique, Nicolas a déjà réalisé quelques belles pièces, comme une feuille de bronze qui lui a demandé des heures de travail. « Mais ce que je préfère, ce sont les rencontres entre passionnés, comme le rassemblement annuel des forgerons au musée de plein air de Villeneuve-d’Ascq en France. Nous sommes une vingtaine. Pendant tout le week-end, nous créons les nouvelles enseignes du musée ».

Nicolas rêve d’une maison à la campagne. Avec une vaste grange dans laquelle il pourrait installer sa forge, travailler la nuit, laisser les étincelles voler sans déranger personne. Un repaire de maître du feu. Un atelier de Vulcain moderne.

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Quelques-unes des réalisations de Nicolas en cuivre, en bronze et en fer
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