Maxence, projeteur antenniste
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Parmi la diversité des métiers de la SWDE, celui de Maxence est unique. Son domaine d’activité est l’un des plus aériens, et il est le seul à l’exercer. Il est aussi l'interlocuteur privilégié des opérateurs télécoms qui chérissent nos châteaux d'eau et leur hauteur pour y installer leurs antennes relais, indispensables aux communications mobiles.
Ce photoreportage ne prétend pas couvrir toutes les missions dévolues à Maxence. Il en offre plutôt un aperçu, saisi au fil d’une journée choisie au hasard, passée à ses côtés. Voici comment elle s'est déroulée...
7h46

Soye - Maxence démarre sa journée au départ de son domicile. La route est son bureau : il ne fait que de rares passages à Couillet, sa résidence administrative. Formé à la HELHa de Charleroi en gestion technique des bâtiments et domotique, il maîtrise les bases du métier qu'il exerce aujourd'hui sur le terrain.
8h02

Château d'eau de Flawinne - Maxence ouvre la grille d’accès du site aux différents entrepreneurs du jour. L’ouvrage est en rénovation profonde. Les opérateurs téléphoniques doivent retirer ensemble tout leur matériel avant que ne débutent les travaux.
8h04

Pour ne pas laisser le réseau muet durant les travaux, Proximus et Orange ont déplacé leurs antennes sur un mât temporaire dressé dans l'enceinte du château d'eau.
8h10

Maxence distribue les rôles : quoi démonter, quels espaces reboucher immédiatement pour éviter tout accident. Il définit la coordination de A à Z. En fin de chantier, il repassera vérifier que tout a été fait dans les règles. Le chantier est conséquent : sabler la rouille, repeindre, remplacer l'escalier central, rénover les points d'ancrage, le tout sans jamais interrompre le fonctionnement du château d'eau.
9h00

Château d'eau de Beuzet (Gembloux) - La difficulté principale du métier : gérer simultanément des dizaines de sites, chacun à un stade différent. Maxence doit avoir en tête l'état exact de chaque chantier, car ses projets forment un flux continu : des installations à mettre à niveau, des éléments obsolètes à démonter, des neufs à poser. Ici, le passage de la 4G à la 5G a nécessité le remplacement de six antennes Proximus et Orange par deux unités seulement, mais bien plus puissantes.
9h05

Les travaux sont officiellement terminés mais Maxence constate des irrégularités : des déchets abandonnés au sol, des attaches de mâts non conformes aux normes. Rien n'échappe à son œil, d’autant plus que chaque élément technique porte un code site qui trahit immédiatement son propriétaire. Il ne lâche rien quand il s'agit de faire respecter les règles.
9h17

L'inspection au sommet est terminée. Pour faire ce métier, il faut aussi une bonne condition physique et des mollets en acier. Les marches que Maxence monte et descend dans les châteaux d'eau se comptent par centaines !
9h33

Sous la coupole d'azur en béton de l'ouvrage de stockage, Maxence repose ses cuisses et consigne ses observations. Le réservoir est sous ses pieds. Il nous fait part de sa surprise lorsqu'il est rentré pour la première fois à l'intérieur d'un château d'eau, devant la simplicité géniale du système : « Deux pompes, trois tuyaux. Et la gravité qui fait le reste pour pousser l'eau jusqu'aux robinets... ».
10h05

Château d'eau de Chapelle-lez-Herlaimont. Inspection d'une nouvelle goulotte qui court le long de la façade. Une directive européenne impose de réduire drastiquement le nombre d'intervenants à l'intérieur des châteaux d'eau, afin d'écarter tout risque de contamination de l'eau potable. Désormais, tous les opérateurs téléphoniques sont tenus de sortir leurs installations du bâtiment et de les réinstaller à l'extérieur ! Sauf si l'ouvrage est classé au patrimoine, auquel cas la façade est intouchable.
10h57

Les voilà ces fameuses antennes relais ! En 2026, la Wallonie en compterait entre 7.000 et 9.000, toutes générations confondues. Pour protéger sa santé, les opérateurs mobiles ont fourni à Maxence un guide de sécurité précisant comment se positionner face à chaque type d'antenne lorsqu'il s'en approche. Interdiction absolue de passer devant le faisceau !
13h12

Couillet - Premier passage de la semaine au bureau. L'image de Maxence est bien rempli : 19 projets en cours et 12 en attente de validation. Un dossier simple ? Une heure et demie. Un complexe ? Le double. Et ce, sans compter les visites de terrain qui s'intercalent dans la journée.
13h40

Analyse de dossiers. Plusieurs opérateurs louent des emplacements à la SWDE : Proximus, Orange, Telenet ou Astrid, le réseau de communication utilisé par les services de secours et de sécurité en Belgique. Le tarif forfaitaire qui leur est appliqué dépend du nombre d’antennes, du nombre de faisceaux hertziens et de l’emprise au sol.
Nous avons plus de 400 châteaux d'eau occupés par des antennes relais. A raison de trois emplacements en moyenne par ouvrage, la facture globale de location s'élève à plus de quatre millions € par an pour l'ensemble des opérateurs. Une rentrée financière non négligeable !
14h25

Maxime nous montre l'impressionnante fresque qui décore un mur de son bureau. Il s'agit du diagramme de flux d'un projet lié à la pose d'antennes relais sur nos châteaux d'eau. Il démarre par l'accusé de réception de la demande d'installation. Puis passe par une étude de stabilité réalisée par un bureau externe, l'établissement et la signature d'une convention puis d'un contrat, le placement des antennes, la facturation, etc. Chacun de ces projets gérés de A à Z par Maxence est passé à la loupe par le processus Exploitation, attentif aux contre-indications. Les adaptations sont légion, les refus, rarissimes.
15h45

Château d'eau de Couillet - Dernière visite de terrain de la journée. Maxence préfère les châteaux d'eau en briques à ceux en béton : « Les châteaux d'eau trop colorés font tache dans le paysage". Celui-ci, tête tout de bleu couverte, n'est décidément pas sa tasse de thé. Pour les antennes, il impose un code couleurs aux opérateurs afin de s'intégrer dans le paysage. « Les éléments techniques doivent adopter les teintes de leur environnement. Sur béton, le galvanisé s'impose. Sur briques, on s'aligne sur la couleur des châssis ou de la maçonnerie ».
15h51

« Elle est faite ! » Maxence redescend. L'avenir du métier ? Au beau fixe. Notre appétit pour les smartphones ne faiblit pas. L'opérateur roumain Digi Communications, qui cherche à conquérir le marché belge, lui promet quant à lui déjà de nouveaux dossiers et autant d'aller-retours sur le toit des châteaux d'eau.