Une journée avec... 5 min  de lecture

Adèle, la logistique en mouvement

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Au métier d'opératrice logisticienne, telle que décrite dans sa fiche de fonction, Adèle préfère celui de réfectoriste. Figure emblématique et incontournable du site de Couillet, son parcours professionnel la conduit de la Régie des eaux de Charleroi à la SWDE, en passant par la case Aquasambre. Deux fusions et trente années de service au compteur.

Ce photoreportage ne reflète bien sûr pas l'ensemble des missions dévolues à l'ensemble des opérateurs logisticiens, véritables couteaux suisses de la société. Ce n'est pas le but de cette série mensuelle Une journée avec... Nous avons accompagné Adèle pendant toute une journée de travail, prise au hasard. Nous l'avons suivie dans les dédales des couloirs de Couillet qui sont quasi, pour elle, une piste d'athlétisme. Dix mille pas sont sa moyenne quotidienne. Sportif !

7h35

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Réfectoire de Couillet. A peine arrivée, Adèle prépare les thermos de café. En fonction des réservations et du nombre de participants, elle a tout organisé à l’avance. Le site compte 7 salles de réunion qui peuvent chacune accueillir entre quinze et vingt-deux personnes. A Couillet, elles sont occupées quasi tous les jours.

7h43

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Après plusieurs opérations du dos et autres maux afférents, Adèle ne porte plus les casiers de boissons. Une table roulante menée avec la dextérité d’un pilote de rallye lui permet de canaliser une énergie et un entrain démesurés. Pour l’hyperactive qu’elle est, ce métier transforme sa bougeotte chronique en compétence.

7h51

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Les salles du rez-de-chaussée terminées, Adèle passe à l’étage. L’ascenseur, véritable startingblock verticalisé, est le seul capable de l’immobiliser totalement. Elle y prend la lumière l’espace d’un instant et la redistribue à chacune de ses apparitions dans les bureaux visités.

8h04

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Accueil de Couillet. Après avoir achalandé les frigos des salles de réunion de sandwiches et de boissons pour les besoins du jour, Adèle se pose à son bureau. Sur son écran s’affiche l’agenda des tâches à réaliser. Elle est la personne de référence et celle sur laquelle on peut compter pour l'organisation de réceptions de tout genre : conseils d'exploitation, conseils d'administration, rencontres du personnel avec un membre du comité de direction, drinks pour les voeux de la nouvelle années, etc. Elle apporte aussi son aide à la cellule bien-être pour l’organisation d’événements internes, file un coup de main à l’économat ou accueille et dirige les visiteurs extérieurs dans les différents bureaux et salles où ils sont attendus.

8h39

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Voici Adèle dans un rôle étonnant : surveiller un candidat lors de son test de recrutement alors que la représentante du centre de compétence en charge du recrutement est occupée dans une autre salle. Elle explique déjà s’inquiéter de la retraite à venir. Ne plus avoir de contacts sociaux ni des objectifs professionnels avec des collègues, cela lui semble inimaginable. Elle pense déjà apporter son aide bénévole au Resto du cœur de Charleroi.

9h39

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Lors de ses inombrables allées et venues dans les couloirs, Adèle fait parfois halte dans le bureau local du service Communication. La porte est toujours ouverte. Elle s'y engouffre. C’est un autre monde, qui par elle, est subitement circonscrit. La bonne vivante revendiquée, qui a grandi à Couillet, aime y développer son art de la parole et de la tchatche locale. Ces secondes d’improbable improvisation où elle tamise l’air et le temps détonnent joyeusement.

11h11

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Une réunion expresse du conseil d’exploitation est programmée. Une trentaine de personnes y seront invitées. La maitresse de maison doit préparer une commande spéciale de sandwiches. Minutieusement, elle étudie les prix et les offres de traiteurs. Adèle aime beaucoup son travail qu’elle juge très diversifié. Moi, j’aime faire plaisir aux gens, clame-t-elle. Une grande déprime lui est tombée dessus pendant le confinement alors qu’elle ne venait travailler qu’une journée par semaine pour imprimer et poster des courriers essentiels. Seule dans le bâtiment vide, sans bruit, tout l’angoissait.

Moi j’aime les gens. C’est humain, d’aider, de rendre service, de faciliter. C’est mon travail et j’aime ça aussi.

Adèle
Adèle , Opératrice logisticienne

13h48

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Avec Thierry, son collègue à l'économat, elle finalise une demande d’achats. Depuis trente années à la SWDE, cette ancienne technicienne de surface a largement agrandi son rayon d’action. Diplômée secouriste, à deux reprises, elle a déployé ses compétences à même le sol avec un massage cardiaque et un placement efficace d’une personne en position latérale de sécurité jusqu’à l’arrivée des secours.

14h44

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Les réunions du jour liées aux welcome days, formations et recrutements terminées, la réfectoriste distribue les sandwiches surnuméraires aux collègues présents sur site. Pas de gaspillage, c'est l'objectif !

15h34

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Le courrier qui doit obligatoirement être envoyé par la poste comme des recommandés ou de petits colis font partie des missions d'Adèle et de Thierry. Face à sa balance, ses feutres, ses étiquettes et autres pesanteurs, elle s’applique en attendant de rebondir.

16h48

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Avant de quitter le bureau, Adèle encode les informations nécessaires aux panneaux imprimés à apposer sur les portes des salles retenues pour le lendemain. Rajah, le chien guide de son collègue et mari Jean-Loup, vient lui rappeler qu’il est bientôt l’heure de rentrer à Gilly. Là, où son panier l'attend...

Lire « Jean-Loup, les orages de la vue »

Et une petite anecdote pour conclure...

Adèle a suivi la formation d’équipier de première intervention. Cet apprentissage lui permet de savoir comment réagir en cas de problème. Que faire, qui appeler, dans quel ordre réagir etc ? Un soir, alors qu’elle avait quasi terminé sa journée, elle entend tambouriner dans la cage d'ascenseur du site. Un collègue y est bloqué. Il a poussé sur tous les boutons et commence à stresser.

La secouriste, bien callée contre la porte qui refusait de s’ouvrir, lui crie qu’elle sait qu’il est là. Elle va appeler les secours et l’entreprise responsable. Les coups de fil donnés, Adèle revient tenir compagnie à l’infortuné dont l'état de panique avait augmenté car, en son absence, « l’ascenseur lui parlait » ! Le monsieur avait appuyé par mégarde sur le bouton qui permet d’entrer en contact avec le service de dépannage effectif 24h sur 24.

Adèle lui a tenu compagnie jusqu’à l’arrivée des pompiers. En lui faisant la causette. Mais parler de tout et de rien est aussi une compétence largement maitrisée par la réfectoriste qui a un rapport joyeux avec la dissertation…

Reportage

Roger Job
Roger Job
Photographe

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