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Quand l’absence de protection cathodique provoque des fuites en cascade…

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La protection cathodique permet de préserver nos conduites de la rouille. Après plusieurs années de laisser-aller, la SWDE veut prendre ce problème à bras-le-corps. Une situation à se retrouver les pieds dans la boue au réveillon de Noël…

Souvenez-vous, Jean-Pascal évoquait les risques de détérioration de nos conduites en acier sans une protection cathodique efficace.

« Une conduite en acier enfouie dans le sol peut être sujette aux courants vagabonds, précise Luc, chef Maintenance électromécanique pour Verviers et Eupen. Ces courants électriques sont, généralement provoqués par l’activité des chemins de fer. Lorsqu’un train passe, l’électricité se propage dans le sol et attaque le carbone de l’acier des conduites. Tous les métaux possèdent un potentiel d’immunité qui peut les protéger de cette corrosion. Pour l’acier, il suffit d’injecter un courant de - 850 millivolts pour neutraliser ces courants vagabonds. »

Relire le 1er épisode

Des fuites en cascade

Ces dernières années, la question de la protection cathodique a été quelque peu délaissée. Les tournées de contrôles des postes de protection sont devenues plus aléatoires et les pratiques des fontainiers moins rigoureuses. « La protection cathodique est une activité particulière, explique Arnaud, ingénieur Maintenance. Elle dépend tant des techniciens infrastructures de production (TIP) chargés d’effectuer les contrôles que des fontainiers qui doivent veiller - lors des chantiers - à ce que le circuit électrique ne soit pas interrompu le long de la conduite. »

La « barrière » qui existait entre le pôle Distribution et le pôle Production ne favorisait pas cette dynamique collaborative. Le regroupement au sein de la Maintenance des équipes de fontainiers et de TIP doit arranger les choses.

Arnaud
Arnaud , Ingénieur Maintenance Verviers - Eupen

Au gré des changements de postes et de fonctions, certains secteurs étaient laissés pour compte tandis que d’autres bénéficiaient encore de toutes les attentions des équipes. « Le secteur d’Eupen a toujours été un bon élève de la protection cathodique, raconte encore Luc. Il a suffi qu’un chef de secteur se montre un peu plus réticent au milieu des années 2000 pour que des problèmes surviennent quelques années plus tard. À cette époque, les équipes intervenaient sans discontinuer pour réparer les fuites… de jour comme de nuit. »

Pour comprendre le phénomène, j’ai réalisé une étude qui a duré plus de trois semaines pour voir de quoi il retournait. Il en a résulté que 70% des conduites en acier, autrefois bien protégées ne bénéficiaient plus d’aucune protection cathodique.

Luc
Luc , Chef Maintenance électromécanique

Un réveillon dans la boue

Suite à cette étude, Luc insiste auprès des équipes de terrain pour qu’elles interviennent afin de limiter les dégâts. Et après quelques chantiers de terrassement rondement menés, une large partie du réseau est à nouveau protégé. « Lorsque je dispense mes cours sur la protection cathodique au Polygone de l’eau aux futurs fontainiers, j’insiste toujours sur ce point. Je leur dis que s’ils rebouchent aujourd’hui une tranchée sans procéder à des éclissages pour assurer la continuité de la protection cathodique, il risque de se retrouver dans 2 ans– durant le réveillon de Noël notamment – à patauger dans la boue sous -5°C pour réparer une fuite. »

Quand on a un programme stratégique qui s’appelle « Objectif zéro incident », que fait on aujourd’hui et que prévoit-on concrètement pour cette protection cathodique ? Luc et Arnaud apportent leurs réponses dans le prochain et dernier épisode de cette série.

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