Covid-19 3 min  de lecture

3 questions à Alain Languillier – Petites tâches et grand défi

3 questions à Alain Languillier – Petites tâches et grand défi

D’un côté : la Planification. Soit une quarantaine d'administratifs et contremaîtres astreints à télétravailler. De l’autre : les équipes dédiées aux “interventions clients”. Soit, près de 80 fontainiers et plombiers obligés à limiter leurs activités aux seules urgences. Du jour au lendemain, Alain Languillier a dû composer avec les contraintes du confinement pour diriger ses équipes…

Les premiers jours qui ont suivi le 18 mars n'ont pas dû être de tout repos...

Alain Languillier : En effet. Et dans mon cas particulier, ça a même commencé un mois plus tôt, lorsque mon homologue pour la zone Est a démissionné. J’ai dû reprendre ses attributions au pied levé et gérer l’ensemble des équipes de la Planif et des Interventions Clients. Ce qui a demandé un gros effort d’organisation. Puis est venu le confinement… Et je ne vous cache pas que j’avais des craintes. Non seulement, mon staff administratif avait zéro expérience en matière de télétravail, contrairement à d’autres services. Mais en plus, certains redoutaient de devoir composer avec un environnement informatique avec lequel ils n'étaient pas familiarisés. Au final, contre toute attente, tout s’est très bien passé.

Lire aussi "Notre capacité de mobilisation est inscrite dans notre ADN"

Comme nous étions dans l’inconnu total, ceux qui devaient se rendre sur le terrain étaient relativement tendus. Quant aux fonctions plus administratives mises en télétravail, elles devaient également trouver leurs marques dans une ambiance quelque peu anxiogène.

Alain Languillier
Alain Languillier , Responsable de la Planification

Pour les équipes d’intervention, la mise en route après confinement a été plus facile. Les contremaîtres ont l’habitude de communiquer à distance avec leurs fontainiers. C’est une procédure huilée depuis longtemps. Ce qui a changé, c’est qu’elles ont alterné les semaines d’activité normale et les semaines de dispense. Et puis, leur volume de travail a été réduit aux résolutions des situations d’urgence, comme les fuites, par exemple. Le remplacement systématique des compteurs a notamment été suspendu…

Ces modifications d’organisation ont fait émerger de nouvelles situations. Comment y avez-vous fait face ?

A.L. :  Pour ne rien vous cacher, au début, nous naviguions un peu à vue. Le chamboulement de l’agenda des interventions a contraint les planificateurs à contacter un grand nombre de clients afin de postposer les rendez-vous. Certains d'entre eux se montraient très compréhensifs, d’autres beaucoup moins. Ce qui rajouté au stress ambiant… Côté terrain, il a également fallu gérer certaines tensions au sein des équipes. Si quelques-uns ont montré des réticences à être en contact avec les clients en raison de la situation sanitaire, d’autres ont, par contre, toujours été partants pour aller au front. Il a fallu parfois modérer leurs ardeurs et leur rappeler les règles de sécurité et les gestes barrière. Idem pour certains de nos sous-traitants qui réclamaient du boulot…

Le reconfinement d’octobre a dû poser moins de difficultés...

A.L. :  Oui, bien sûr ! Lorsqu’est arrivée la deuxième vague, nous étions riches de l’expérience du premier confinement. Les équipes d’interventions clients ont repris leurs horaires de travail habituels, sans interruption une semaine sur deux et sans aucune difficulté majeure. Ce que je regrette, par contre, c’est que, contrairement à d’autres services, faute de suppléance, je ne peux pas organiser de réunions virtuelles régulières avec l’ensemble de mon équipe administrative. A la Planification, nous avons des appels continus de nos clients auxquels nous mettons un point d’honneur à répondre dans des délais acceptables. J’ai tout même pris la liberté d’organiser une ou deux réunions à des moments plus calme, afin de garder le contact et manifester mon soutien.