Avec son band, Michaël voit les choses en big

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Répétition de fanfare au studio
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Un instrument qu’on n’a pas choisi, ça peut mal tourner. Pour Michaël, c’est le début d’une belle aventure : celle d’un petit garçon qui voulait faire plaisir à sa marraine et qui a fini par mettre le feu à la piste de nombreux mariages avec Big-Bäng, son groupe de onze musiciens boosté par les cuivres.

Tout commence à sept ans. Michaël voit sa marraine déçue : elle qui rêvait d'entendre son fils jouer de la trompette doit se résoudre à le voir préférer l'accordéon. Quelle idée ! En filleul attentionné, Michaël décide alors de réaliser le rêve de sa marraine. Pour lui faire plaisir, il se mettra à la trompette. Une décision d'enfant, spontanée et pleine de bons sentiments. Reste à pousser la porte de l'académie et à découvrir que, pour sortir de jolies notes d'un tuyau de cuivre, l'affection ne suffit pas toujours

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Michaël a sorti son instrument de prédilection au pied du château d'eau du site de Villers-le-Bouillet où il est chef maintenance électromécanicien.

Heureusement, il grandit dans une famille où les instruments sont comme chez eux. Du côté maternel, dix petits-enfants sur onze pratiquent un instrument. Les grands-parents aiment d'ailleurs réunir cette joyeuse troupe pour des concerts familiaux. De quoi donner très tôt à Michaël le goût de jouer ensemble.

À l’académie, la partition est plus ardue : « J’ai terminé les cinq années de solfège, péniblement ! Puis j’ai suivi tout le parcours pour apprendre la trompette » À seize ans, il rejoint l’harmonie de Kettenis (ndlr : un village de la région germanophone au Nord d'Eupen) où joue son parrain. Une nouvelle famille musicale l’attend, avec ses répétitions, sa discipline et le plaisir de faire sonner un ensemble.

L'explosion du Big-Bäng

L’harmonie lui offre de solides bases et lui apprend à tenir sa place entre cuivres, bois et percussions. La trompette lui va d’ailleurs comme un gant : elle réclame du souffle et des lèvres résistantes. Mais au moins quand on en joue, on ne passe pas inaperçu : « C’est un instrument qu’on entend. J’éprouve énormément de plaisir à en jouer ».

Avec les années, pourtant, une envie le titille : garder les copains, mais changer de style musical. En tout cas, quitter le répertoire classique des orchestres des harmonies et opérer un virage plus pop-rock mélodique ou rhythm and blues. Vers ses vingt ans, l’anniversaire de jumeaux de l’harmonie sert de prétexte. Une formation musicale se monte pour la fête. Elle s’appellera Big-Bäng. Et c'est avec ce groupe que Michaël montera sur la scène du festival des 40 ans de la SWDE.

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Les premières répétitions se déroulent dans la cave minuscule d’une ancienne maison communale de Kettenis, entre quelques fameux fous rires et des morceaux des Blues Brothers qui donnent au groupe ses premières couleurs. Peu à peu, les invitations arrivent pour des fêtes et des mariages, et le répertoire s’élargit : Deep Purple, Genesis, Stevie Wonder, David Bowie, Bruno Mars. Michaël savoure ces escapades pop rock, même s'il reste toujours attaché à ses repères : pas de prestation sans partition !

J’ai toujours besoin d’une partition. Je n’ai pas l’instinct des joueurs de jazz. Je peux me permettre quelques variantes, mais ça ne va pas plus loin.

Michaël
Michaël, Chef maintenance électromécanicien, Villers-le-Bouillet

L'harmonie ou le cover band ?

Entre l'harmonie de Kettenis et Big-Bäng, Michaël n'a pas choisi. Il se partage avec un même plaisir entre les deux formations musicales. Mais son agenda professionnel et les gardes qu'il doit prester à la SWDE l'empêchent d'être régulier aux répétitions de l'harmonie. Il fait une pause pendant quatre ans. Big-Bäng, en revanche, continue sa route : une répétition toutes les deux semaines et une poignée de concerts par an permettent de mieux composer avec les absences.

Un copain finit par venir le rechercher. L'harmonie manque de trompettistes. Elle acceptera de composer avec les disponibilités de Michaël... Notre collègue retrouve donc cet ensemble auquel il est attaché depuis bientôt 25 ans et dont le concert annuel, chaque dimanche de Pâques, reste un rendez-vous à part.

Des moments inoubliables et des galères

Depuis l'anniversaire des jumeaux, repère temporel de l'aventure Big-Bäng, la formation de Michaël a accumulé un bel album de souvenirs : fêtes de village, kermesses, mariages, concerts sous chapiteaux. À la fête de la Bière de Namur, le groupe entame un morceau des Doors devant un public particulièrement enthousiaste. Les boissons servies au bar n'y sont sans doute pas étrangères. Un spectateur qui fête son enterrement de vie de garçon, monte sur scène et se met à danser torse nu au milieu des musiciens. Difficile d’oublier pareille chorégraphie.

Tous les souvenirs ne sont pas aussi festifs. Au retour d'un concert aux 24 heures vélo de Louvain-la-Neuve, un moteur cassé, le bord de l’autoroute et presque une nuit blanche à chercher un dépannage rappellent que les aventures d’un groupe de musique se prolongent parfois bien après la dernière note. Mais pas toujours pour les raisons auxquelles on s'attend !

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Parfois, Michaël troque la trompette contre un micro

Le festival des 40 ans de la SWDE est, pour le groupe, un sacré challenge : « C’est la première fois que notre groupe va jouer devant autant de monde. On a forcément un peu le trac ». Michaël a réussi à convaincre les copains. Les répétitions servent désormais à peaufiner les morceaux et à bâtir ces trente à quarante minutes qui montreront Big Bäng sous son meilleur jour : des rythmes qui emportent la salle et assez de maîtrise pour savourer l’instant.