Mais qu'est-ce qui fait donc courir Catherine ?

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Quand Catherine va promener son chien... elle ne le fait pas comme tout monde ! Avec Max, son golden retriever, les flâneries avec le toutou se transforment en cross-country à travers champs et sentiers boisés. Lui devant, elle derrière. Une laisse élastique entre eux deux. Max impose le rythme. Sa maîtresse tente d'y caler sa foulée. Ce drôle de binôme pratique le canicross.

Il y a deux ans, Catherine, employée au call-center de Verviers, recueille Max, un golden retriever de deux ans. Un amour de chien qu’elle embarque très vite dans ses sorties footing : « Je me suis dit que je pouvais faire d’une pierre deux coups en intégrant la promenade de mon chien à ma pratique du sport. Au départ, ce n’était pas si évident car je courais avec une simple laisse et Max avait tendance à s’étrangler avec son collier. »

Catherine cherche alors comment mieux s’y prendre. Sur Instagram et Facebook, elle découvre qu’il existe une véritable discipline sportive autour de la course avec son chien : le canicross. Une pratique structurée, avec ses propres règles et une communauté de passionnés. Elle se renseigne auprès de pratiquants, investit dans un harnais adapté, plus confortable pour Max, et rejoint des groupes du côté de Liège et de Verviers.

Les sorties collectives lui permettent de découvrir les subtilités de ce sport, né à la fin des années 80 dans la région lyonnaise. Les maîtres apprennent en observant les plus expérimentés, mais les chiens ne sont pas en reste. « L’intérêt de pratiquer en groupe est que le chien observe ses congénères plus expérimentés, puis reproduit leurs comportements. Le mimétisme joue énormément ».

La fédération belge de canicross
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Max avait deux ans quand il est entré dans la vie de Catherine

En compétition, l'essentiel est ailleurs

Catherine ne tarde pas à inscrire leur duo à des compétitions « pour partager des défis ensemble », précise-t-elle. Pas question pour autant de viser le podium : « Nous courons dans la catégorie fun, sur des distances qui ne dépassent pas deux kilomètres, où la seule motivation est de participer. Le résultat ne compte pas. » Et Max semble avoir bien compris qu’ici, le plaisir passe avant la performance...

Le golden retriever n’est pas la race la plus représentée dans les compétitions de canicross, où l’on retrouve plutôt des chiens réputés pour leur puissance et leur endurance, comme les braques, les border collies ou les huskys. Mais Max a de l’énergie à revendre. Et Catherine ne manque pas de défendre les qualités de son chien : « Même s’ils paraissent un peu lourdauds, les golden retriever sont très résistants et ne rechignent pas devant l’effort. Max est un fonceur qui possède un excellent réflexe de traction ».

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Une laisse les relie. Mais, depuis longtemps déjà, ce n’est plus elle qui les tient ensemble.

Vu de loin, certains pourraient imaginer que le chien fait tout le travail. C'est loin d'être le cas ! Lorsque Max accélère, Catherine n'a pas d'autre choix que de suivre son rythme. Elle allonge sa foulée, anticipe les obstacles, absorbe les changements de terrain et essaie bien sûr de conserver son équilibre. C’est plus facile de courir en solo. Avec Max, je suis toujours un peu en sur-régime, surtout au départ lorsqu’il veut se défouler. Il faut quelques centaines de mètres pour bien le canaliser. Le véritable défi est de trouver un rythme qui nous convienne à tous les deux.

Pour éviter les bobos, Catherine complète ses entraînements par un travail musculaire et de la proprioception. Sur un parcours accidenté, les accidents peuvent arriver très vite. Elle en a fait l’expérience lors d’une course, au mois de mars dernier. Le terrain particulièrement glissant lui joue un mauvais tour dans une descente. Elle trébuche et tombe. Max, lancé à pleine vitesse, est stoppé net. « Il aurait pu se faire très mal. Finalement, plus de peur que de mal, mais un accident peut vite arriver ».

Lorsqu'on est reliés par le harnais, il y a un formidable sentiment de complicité. On se dépasse, mais on se respecte dans l'effort

Catherine
Catherine, employée Clientèle - Verviers

Le lien invisible

Un heureux événement a obligé Catherine à mettre ses entraînements entre parenthèses. Max, lui, continue à courir avec quelques amies pour garder la forme. Et cette pause forcée lui fait mesurer ce que leurs sorties représentent : « Les courses avec mon chien me manquent énormément ».

Plus de deux ans après leur première sortie, le duo a appris à se connaître jusque dans les moments difficiles. Catherine se souvient notamment d’une course sur un parcours sablonneux, où les montées semblaient interminables. À bout de forces, elle n’avait presque plus ni souffle ni énergie pour donner des consignes à Max. Pourtant, le chien avait continué à avancer, comme s’il percevait les limites de sa partenaire. « Il agissait avec un instinct remarquable et semblait ressentir exactement ce que je ressentais ».

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C’est peut-être cela, finalement, que Catherine aime le plus dans le canicross. Pas les kilomètres, ni le chrono. Mais ce lien invisible qui se crée entre deux êtres lancés dans le même effort.