Marc, une vie musicale menée tambour battant
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- Y'a pas que le boulot...
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Des bals musette aux groupes de blues, d’une sélection pour l’Eurovision à une jam session, le parcours de Marc a connu les envolées, les changements de tempo mais aussi quelques passages à vide ! Aujourd'hui, il veut faire entendre ses propres compositions. Des chansons qui lui ressemblent. Avec du vécu entre les notes.
L'histoire ne nous dit pas si tout a commencé par du bruit ou, déjà, une certaine forme de musicalité. A six ans, le petit Marc, surveillant de marchés à Loyers, reçoit une caisse claire pour son anniversaire. Et bien sûr, deux baguettes pour cogner la peau bien tendue de l'instrument. Avec un grand-père violoniste et une grand-mère qui a joué du tambour pendant la guerre, on peut s'assurer que le jeune batteur ne fait pas n'importe quoi. Au contraire, tous les deux l'encouragent à persévérer : « Mon grand-père trouvait que j’avais l’oreille musicale. Ma grand-mère appréciait mon sens du rythme ».
Avec cette double bénédiction, il rejoint l’académie, apprend le solfège et perfectionne ses percussions. Avant même l’adolescence, il accompagne déjà un orchestre de bal musette. Il touche ses premiers cachets qu'il dépense pour s’offrir de meilleures cymbales. « C’était musicalement très intéressant, confie-t-il. Le musette, c'est une école de rigueur et de précision ». Son jeu attire même l’attention d’un accordéoniste professionnel, qui lui demande de remplacer son batteur.
L'Eurovision de la chanson en ligne de mire
La batterie, c’est bien. L'inconvénient, c'est qu'il faut transporter la grosse caisse, les cymbales et la moitié de sa chambre pour aller en jouer à l'extérieur. A quatorze ans, Marc ajoute une corde (enfin plutôt six) à son arc : la guitare. Il s'y met en autodidacte. Il écoute. Tente. Se plante. Recommence. Jusqu'à ce que ses doigts trouvent le bon chemin et que le riff ressemble enfin à ce qu'il entend dans sa tête. « Et puis, franchement, c'était beaucoup plus pratique pour épater les copains et les copines ».
À l’époque, il joue principalement à l’oreille, sans avoir besoin de partitions. La contrebasse et le piano viennent élargir son terrain de jeu.

À dix-huit ans, il franchit une nouvelle étape : son premier enregistrement en studio professionnel à Beersel, dans le cadre d’une sélection pour le concours Eurovision de la chanson. Plus de quatre heures d’enregistrement pour trois minutes trente de batterie ! Il n’est pas retenu, mais l’expérience donne du corps à une idée qui le titille : devenir batteur professionnel.
Paroles, paroles, paroles...
Pendant son service militaire, Marc commence à écrire ses propres textes. Il y couche ce qui l’offusque, le rend perplexe ou l’écœure. Certains sont le fruit d'une fulgurance et naissent en un quart d’heure ; d’autres prennent le temps de mûrir... « Il m'arrive encore de changer les paroles d'un texte des années plus tard. En fait, il n'y a pas de règle absolue » !
Dans les années 1990, il monte plusieurs groupes de rock avec un ami et met ses textes en musique. Marc approche le milieu de l'industrie musicale pour faire connaître ses créations. Mais il déchante à plusieurs reprises : « Ce n'est jamais évident. Il faut être très coriace pour se positionner avantageusement dans le panier de crabes qu’est le monde de la musique » !
J’ai été inspiré en écoutant Daran et les Chaises pour la qualité de ses textes en français, et Hubert Félix Thiéfaine
Premier coup dur ! On lui vole sa batterie. Un instrument coûteux dont il aimait particulièrement la sonorité. Dans la foulée, une autre mésaventure lui laisse un goût amer. En consultant d'anciens documents de la Sabam (la société qui gère les droits d'auteur en Belgique), il découvre que des personnes se sont associées à son insu à l'un de ses morceaux. Elles auraient ajouté leur nom après l'enregistrement ! alors que, selon lui, ils n'avaient pas contribué... La reconnaissance du travail créatif lui tient tellement à coeur que ses ambitions professionnelles s'éloignent. Même si la musique, elle, reste.
Le blues, le plaisir et l'improvisation
Pendant des années, Marc met sa guitare au service de groupes locaux de blues, notamment les Bumble Bees. Il compose moins, mais retrouve le plaisir de jouer ensemble, sans courir après une carrière. Un jour, l’harmoniciste manque à l’appel. Qu’à cela ne tienne : Marc improvise à la guitare tous ses solos d’harmonica !

Parmi les nombreuses anecdotes qui jalonnent la vie musicale de Marc, il y en a une qui lui tient particulièrement à coeur. Lors d’un petit festival, il découvre un groupe de jazz accompagné par une boîte à rythmes. Sa batterie est déjà installée. Il propose à la chanteuse de les rejoindre. Elle lance la machine et commence à chanter. Marc enchaîne. Soudain, elle coupe la boîte à rythmes. Sans répétition ni filet, Marc termine le morceau avec le groupe comme s'il l'avait toujours joué, bluffant musiciens et spectateurs. « C’était de la pure improvisation. J’ai adoré pouvoir mettre tout mon bagage au service de cet ensemble musical ».
Avec Nicodème pour le festival de nos 40 ans
Marc présentera son projet musical Nicodème sur la grande scène du Festival des 40 ans de la SWDE, le 19 décembre prochain. Un set reprenant uniquement ses compositions originales. Ses textes, ses musiques : un retour à ce qui l’anime depuis ses premières chansons.
Pour moi, la guitare ou la batterie sont des outils que j’utilise pour exprimer la musique et les paroles que je crée. J’aime les instruments, j’aime le chant, mais je me considère plutôt comme un créateur. C’est cet aspect qui m’anime