Purges réseau : la très bonne idée... encore sous-exploitée

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Les purges sont incontournables pour renouveler l'eau qui stagne en bout de conduite. Il suffit de quelques tours de clé pour ouvrir les vannes. Mais pour combien de temps ? Et combien de litres faut-il laisser couler ? Bien souvent, beaucoup trop. Il existe pourtant une solution anti-gaspi qui fait gagner du temps et réduit les pertes d'eau : les purgeurs automatiques. Certains sont déjà en fonction. Reste à les multiplier...

Dans un réseau comme le nôtre étalé sur près de 40.000 kilomètres de canalisations, les impasses et les rues en cul de sac sont nombreuses. Dans ces bouts de conduite, l'eau y circule très peu.

Quand le débit devient trop faible, les effets ne tardent pas à apparaître au robinet des riverains : une eau qui se colore, un goût ou une odeur inhabituelle, voire un risque de développement microbiologique ou des variations de température.

Les purges permettent d'évacuer la « vieille » eau stagnante et de maintenir une qualité irréprochable, y compris dans ces zones plus « isolées » du réseau.

Le constat - La grande majorité de ces purges nécessite toujours une intervention humaine. Sur l'ensemble du territoire de la SWDE, on dénombre environ 1.500 points du réseau où l'eau doit être régulièrement renouvelée.

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Environ 2.400 purges systématiques sont effectuées par mois, principalement sur des bouts de conduite

Concrètement, un fontainier se rend sur place, ouvre la vanne... et attend, sans toujours savoir précisément quand la purge peut être arrêtée. Parfois il revient quelques heures plus tard, voire le lendemain pour stopper l'écoulement. Dans certains centres de maintenance, cette tâche peut mobiliser jusqu’à la moitié du temps d’un fontainier ! Avec, au bout du compte, à l'échelle de la société, un gros gaspillage cumulé :

  • de temps avec ces fontainiers (im)mobilisés par des manœuvres sans grande valeur ajoutée
  • de carburant si l'on additionne tous les allers et retours nécessités par toutes les purges systématiques
  • d'eau si l'on tient compte de tous ces volumes d'eau dont on ne maîtrise pas le débit et qui sont rejetés dans la nature.

Quand les purges se font toutes seules

La solution - En fait, elle existe déjà. Ils sont là, disséminés un peu partout, plic ploc sur le réseau. Et ils ont déjà montré toute leur efficacité. Il s'agit de purgeurs d'eau automatiques.

Les premiers qui ont été installés de manière permanente font suite à des réclamations récurrentes de familles habitant en bout de réseau, lassées par la dégradation régulière de la qualité de leur eau. Ces appareils automatiques sont reliés à un hydrant (bouche ou borne d'incendie) Ils permettent de déclencher des purges de manière autonome, selon des paramètres définis à l’avance : fréquence, durée, débit. Les volumes d'eau ainsi évacués sont ajustés au besoin réel, uniquement lorsque c’est nécessaire, sans déplacement systématique, et sans mobilisation inutile des équipes.

Les purgeurs d’eau automatiques permettent de gagner beaucoup de temps sur les interventions, de limiter les déplacements des équipes et de mieux maîtriser les volumes d’eau purgés selon les conduites. Le suivi à distance est également un vrai plus pour le pilotage.

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Guillaume, Ingénieur Maintenance - Ath & Tournai

Alors, il est où le problème ? - Ces trois dernières années, nous avons fait l'acquisition de ± 80 appareils. La moitié de ces purgeurs automatiques est installée dans des zones sensibles où l'eau doit être renouvelée très fréquemment. L'autre moitié attend son tour sur les étagères des magasins de certains centres de maintenance alors qu'ils pourraient déjà être fonctionnels dans un des 1.500 points du réseau qui nécessitent un purge régulière. Sans véritable stratégie d'achat, ni de mise en concurrence, le coût de ces équipements reste élevé (~900 €/pièce).

Il n'y avait pas, non plus, de vision globale sur leur déploiement. Les purgeurs en place existent parce qu'ils ont répondu à une nécessité ou une urgence. La plupart d'entre eux ne figuraient pas dans le SIG. C'est corrigé depuis que Olivier, chef Maintenance de Ath, a déposé l'idée sur la plateforme Nos idées ont de la valeur et que l'amélioration continue a pris l'affaire en main.

Jusqu'à présent, aucun plan de maintenance de ces appareils qui fonctionnent sur batterie n'existe. Sans suivi structuré, le risque est donc réel de voir certains équipements tomber en panne après leurs cinq années supposées d'autonomie… et perdre progressivement les bénéfices attendus.

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L'utilité des purgeurs d'eau automatiques n'est plus à prouver...

Pourquoi c'est important ? - Bien sûr, chaque purge non maîtrisée, c’est de l’eau perdue, du temps mobilisé et des déplacements évitables. Mais au-delà de ce constat, structurer le recours aux purgeurs automatiques ouvre des perspectives bien plus larges :

  • une meilleure maîtrise des purges : les paramètres peuvent être ajustés à distance, en fonction des besoins ou des situations rencontrées sur le réseau. Les interventions peuvent être programmées aux moments de faible consommation (pendant la nuit), limitant leur impact (baisses de pression ou de débit) pour les clients.
  • une qualité de service améliorée, en réduisant les non-conformités en bout de conduite et les plaintes qui en résultent
  • une réponse à la pénurie de main d'oeuvre dans certains centres de maintenance en libérant les fontainiers de la charge répétitive liée aux purges systématiques.
  • l'anticipation de certains risques, comme le gel et les bris de conduite en bout de réseau, grâce à une sonde de température capable de déclencher automatiquement les purges dès que le thermomètre approche de 0°, évitant ainsi que l’eau ne se fige.

Les appareils de purges automatiques sont la solution clé en main pour renouveler l’eau sans tracas ni gaspillage

Olivier
Olivier, Chef maintenance - Ath

Et maintenant ? - Les tests sont concluants, les bénéfices sont connus, et les retours terrain sont sans appel. L’amélioration continue a permis de démontrer toute la pertinence du recours aux purgeurs. Reste désormais à transformer l'essai : passer d’initiatives ponctuelles à une approche structurée, à l’échelle de la SWDE.

Car derrière cette “très bonne idée”… se cache un potentiel qui ne demande qu'à être pleinement exploité.