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Traquer les fuites sur notre réseau depuis l’espace !

Traquer les fuites sur notre réseau depuis l’espace !

Notre eau est précieuse et ne doit pas être gaspillée. C’est pourquoi notre société lutte quotidiennement contre les fuites sur notre réseau. Aujourd’hui, elles peuvent être détectées… depuis le ciel !

« Cela fait des années qu’on recherche cette fuite sur Durbuy et, ça y est, je l’ai trouvée ! » s’exclame Fabrice Hermans, fier comme un coq. Fontainier au secteur d’Aye, Fabrice traque les fuites sur nos canalisations depuis plus de 20 ans. « Je suis un vieux de la vieille ! Quand il s’agit de détecter une fuite, je ne lâche jamais le morceau ». C’est vrai qu’il faut s’armer de patience pour localiser précisément d’où provient l’écoulement.

Chercheur de fuites, un métier pas comme les autres

Pour trouver une fuite, il faut laisser traîner ses oreilles et être persévérant. On doit distinguer un son bien particulier parmi tous les bruits environnants… Il faut s’acharner

Fabrice Hermans
Fabrice Hermans , Fontainier en recherche fuite (ZE)
Fuite-Satellite-Barvaux
Photo de la fuite prise par Fabrice

Outre son expérience, ses oreilles aguerries et sa ténacité, Fabrice a pu dénicher le nœud du problème notamment grâce à un outil perché bien au-dessus de nos têtes … un satellite !

Comment ça marche ?

En matière de recherche de fuites, notre société jouit d’une excellente réputation. Si bien, qu’une entreprise israélio-américaine – Utilis – nous a proposé en 2020 de recourir à l’intelligence artificielle pour détecter les fuites sur notre réseau.

Concrètement, voici comment cela se passe : un radar installé à bord d’un satellite utilise des capteurs qui pénètrent à deux mètres de profondeur sous la terre et détecte des masses d’eau qui laissent à penser qu’il y a une fuite.

Les images prises par satellite sont ensuite transmises dans notre système SIG (service d’information géographique) et nos équipes de terrain peuvent alors, munies de leur tablette, explorer les zones suspectes repérées depuis l’espace.

Fuite-Satellite-Tablette

Surtout utile pour les fuites sournoises

Trouver une fuite, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. « Il s’agit avant tout de détecter un bruit qui peut d’ailleurs être différent en fonction du matériau de la conduite (PVC, acier, …) » confie Fabrice. Mais lorsqu’il s’agit de petites fuites, celles-ci sont presqu’inaudibles et nos fontainiers ne parviennent pas à déterminer leur origine. C’est là que la recherche par satellite a tout son intérêt puisque les images prises indiquent le rayon dans lequel de l’eau s’écoule.

Avec la méthode classique, la recherche s’effectue sur toute une conduite, c’est-à-dire, sur 15 km ! Les images satellite permettent d’identifier des fuites potentielles sur 500 mètres. On a alors la certitude qu’il y a quelque chose à trouver dans ce périmètre !

Olivier Pinsar
Olivier Pinsar , Ingénieur au sein de la Cellule recherche fuites

Pour cette phase pilote, la cellule recherche fuites a décidé de tester l’outil sur les zones de notre réseau dites « problématiques », à savoir, là où des fuites nous donnent du fil à retordre depuis pas mal de temps. Plusieurs cellules sur quatre communes (Durbuy, Paliseul, Bertrix et Daverdisse) sont donc passées au crible du satellite

[Vidéo] La recherche de fuites à la SWDE

Vraiment efficace ou juste pour frimer ?

Il est probablement trop tôt pour se prononcer, mais les premiers résultats sur le terrain sont plutôt satisfaisants.

Parmi tous les points qui indiquaient la présence d’une fuite potentielle sur les images satellite, j’ai pu en trouver une dans 90 % des cas.

Fabrice Hermans
Fabrice Hermans , Fontainier en recherche fuite (ZE)

Mais on ne pourrait se contenter de la recherche par satellite pour débusquer l’ensemble des fuites sur notre réseau : premièrement, parce qu’il faut un certain délai pour obtenir les images satellite (entre 15 jours et un mois !) mais aussi parce que cela a certain un coût ! « Actuellement, nous avons repéré 6 fuites sur 6 zones investiguées. Si le test est concluant, on pourrait déployer la méthode. Ce serait alors une corde de plus à notre arc ! » conclut Olivier Pinsar.