Ensemble, face à la sécheresse. Qu’avons-nous fait ?
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- Notre eau
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Stations poussées au maximum, ressources surveillées au jour le jour, camions-citernes mobilisés : face à la sécheresse, nos équipes ont tout mis en œuvre pour que l’eau continue d’arriver au robinet. Témoignages au fil de l’eau…
Dans le précédent article, nous vous posions le contexte d’un été sans précédent. Pour que l’eau continue d’arriver au robinet, il a fallu agir à tous les niveaux. Routines bien huilées ou situations d'urgence, en coordination avec d’autres processus, dans des conditions climatiques compliquées, chacun a dû trouver la solution pour répondre aux besoins du réseau. Des actions largement invisibles pour le consommateur, mais essentielles pour garantir la continuité de l’approvisionnement. Rencontres avec quelques métiers impliqués.
La ressource scrutée
Tout commence à la source. Si cette dernière fait l’objet d’un suivi continu tout au long de l’année, les précédents étés ont souvent rimé avec « vigilance renforcée » tant en matière de quantité que de qualité. Moins de pluie, plus de demandes et des réserves qui diminuent parfois à vue d’œil. Tout cela, il faut le cartographier afin de pouvoir agir selon les situations.
Notre rôle, c’était d’avoir chaque jour une vision claire de la situation de la ressource et de faire circuler cette information entre tous les acteurs : les services internes, le SPW, les communes et la cellule sécheresse.
On reçoit beaucoup d’informations sur la situation des ressources et notre travail consiste à les traduire en cartes. L’objectif, c’est que chacun puisse visualiser rapidement la situation et savoir quelles communes ou quelles zones sont impactées.
L’un des moments marquants de cet été, c’est l’incendie ayant ravagé le Plateau des Hautes Fagnes. Au-delà de l’aspect dramatique de la situation, les feux de forêts peuvent aussi avoir un impact sur les ressources en eau sur plusieurs kilomètres à la ronde. C’est ici que notre laboratoire intervient.
Nous y avons lancé une campagne de prélèvements afin de nous assurer que l’eau reste conforme aux normes sanitaires en vigueur. Celle-ci fait l’objet d’une veille prolongée, anticipative et préventive. L’impact d’un tel incendie ne se fait pas forcément ressentir immédiatement.
Les ouvrages de production en tension
L’eau continue son chemin. Elle est captée et pompée jusqu’à une station de traitement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nos stations ont particulièrement été en tension cet été. Prenons l’exemple de deux d’entre elles, opposées géographiquement.
À Nisramont, la station tournait au maximum tout en suivant un niveau de barrage alarmant sur lequel nous n’avions pas de prise. Il fallait être assez attentifs : surveiller les installations, réagir rapidement au moindre problème et maintenir la production.
À Gaurain, on a dû faire pas mal de réajustements pour maintenir à la fois la qualité et la quantité d’eau produite. On a notamment travaillé sur deux lignes de traitement et adapté les débits en fonction du comportement des installations, de leur entretien, et des ressources.
Déjà sous surveillance lors d’étés « classiques », plusieurs réservoirs et châteaux d’eau ont nécessité un ravitaillement régulier. Les habitants de plusieurs communes ont d’ailleurs arrêté de compter les passages des camions-citernes.
Je n’avais jamais commandé autant de camions-citernes depuis mon arrivée à la SWDE. Nous avons dû mettre en place un véritable ballet de camions pour acheminer de l’eau et réalimenter nos infrastructures de stockage.
Mais ce n’est pas la seule action qui a été menée pour garantir les réserves d’eau dans ces infrastructures. Le cas de Nisramont est un bon exemple : comment a-t-on maintenu la production du barrage durant cette période et privilégié les communes qui sont exclusivement alimentées par celui-ci ?
Afin de garantir une pérennité de fonctionnement sur le barrage de Nisramont, nous avons mis en service toute une série de sécurisation sur plusieurs ouvrages afin de les alimenter par une autre ressource et répartir les volumes disponibles différemment.
Et puis, on a tendance à l’oublier mais sans électricité, pas d’eau. Si le soleil a du bon pour notre production photovoltaïque, ce n’est pas forcément le cas pour notre production hydroélectrique. À Nisramont, par exemple, le score est sans appel : 0 MWh produits sur le mois de juillet 2026.
Avec la sécheresse, les turbines des barrages sont à l’arrêt. Pour continuer à alimenter nos stations et nos infrastructures, nous avons donc dû compenser cette production hydroélectrique en achetant de l’électricité auprès de fournisseurs.
Le réseau en priorité absolue
Sur le terrain, les horaires sont adaptés face aux températures pesantes. Si les effectifs sont réduits durant cette période de congés scolaires, le travail, lui, ne diminue pas pour autant.
L’eau traverse les conduites, direction les robinets. Quand chaque litre compte, on sensibilise les citoyens, certes, mais on déploie également l’escadrille de la recherche fuites. La priorité absolue : trouver et réparer les fuites pour éviter des pertes inutiles.
On s’est retrouvé dans une situation similaire à un hiver rude : beaucoup de casses ont été détectées sur les conduites. Les réparations devaient être réalisées rapidement par la Maintenance pour économiser l’eau. C’était particulièrement tendu mais on y est arrivé !
Dès qu’une fuite était détectée par la RF, elle devenait une priorité. Notre mission était de la colmater dans les meilleurs délais pour limiter les surconsommations sur un réseau déjà en tension. Mais c’est quelque chose que nous appliquons en toute saison.
L’impact client
Et puis, l’eau coule au robinet mais pour autant le client a-t-il perçu quelque chose de tout ce remue-ménage ?
Nous avons été relativement peu impactés au call center. Le volume d’appels est resté stable et maîtrisable. Le travail de la communication et des relations avec les communes y a surement joué un rôle important.
Durant cette période, nous avons communiqué régulièrement avec les entreprises et les opérateurs communaux concernés par les mises sous surveillance pour les sensibiliser à la situation et les inviter à réserver l’eau aux usages essentiels.
Cathy ajoute aussi : « La communication était dirigée et personnalisée. Dans de nombreux cas, cette démarche a donné lieu à des échanges constructifs et à une collaboration appréciable. »
Enfin, il fallait aussi s'assurer du bon relais de l'information vers nos clients.
Même si l’information relève avant tout des communes, nous voulions sensibiliser directement nos clients sans les inquiéter. Nous avons réalisé une vidéo avec une collègue de l’exploitation pour humaniser le propos et montrer la réalité du terrain.
Un été intense qui s’achève en laissant une question en suspens : qu’en sera-t-il demain et comment nous adapterons-nous à ces épisodes de sécheresse toujours plus récurrents ?
La réponse dans le prochain article de cette série.