Coup de chaud pour l’eau potable : dans les coulisses de l’été 2026

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Nous venons de vivre l’un des étés les plus chauds et les plus secs depuis le début des relevés météo en 1833. Avec quels impacts sur l’eau du robinet ? Quelles conséquences sur la mobilisation de nos équipes ? Quelles leçons et quelles actions pour l’avenir ? Voilà l’enjeu de cette série d’articles. Aujourd’hui, décryptons le contexte…

Nous sommes le 24 juillet. Depuis le début du mois, il y a eu très peu de pluie. A peine 10,4 mm par m². Bien loin des 76,9mm prévus dans les normales de saison. Les nuages ont totalement disparu et on comptabilise 18 jours avec plus de 25°. Ce jour-là, une décision est prise en interne : mettre en surveillance les communes alimentées par le barrage de Nisramont.

Les communes concernées sont : Bastogne, Fauvillers, Houffalize, La-Roche-en-Ardenne, Marche-en-Famenne, Martelange, Rendeux, Saint-Ode, Wellin. Cela impacte également plusieurs communes gérant leur réseau d'eau mais utilisant en partie de l'eau provenant de Nisramont (Attert, Bouillon, Habay, Léglise, Nassogne, Rochefort, Tellin).

Concrètement, cela veut dire qu’il est demandé à chacune et chacun de faire attention à sa consommation d’eau. D’éviter les arrosages de pelouse ou de terrains sportifs, le remplissage de sa citerne à eau de pluie, de laver sa voiture, etc. A ce stade, ce n’est pas une obligation, juste une demande.

Cela rappelle l’été 2022, où la situation avait déjà été délicate du côté de Nisramont. « Et pourtant, ce n’est pas tout à fait comparable », indique Céline, Hydrogéologue au service Gestion des ressources en eau et coordinatrice de la cellule « Intempéries » de la SWDE.

Fin juillet, le niveau des réserves à Nisramont était plus bas qu’à la même date en 2022. On pourrait dire que nous avions 10 jours d’avance sur la situation de 2022…

Céline, Hydrogéologue

Spoiler alert : grâce aux pluies tombées après la mi-août, l’état des réserves est à ce jour un peu plus confortable qu’il y a 4 ans.

Et pourtant, tout avait plutôt bien commencé : la recharge hivernale avait joué son rôle. Les pluies abondantes des trois premiers mois de 2026 avaient permis de compenser le déficit initial. Résultat : à la sortie de l’hiver, la majorité des nappes phréatiques présentaient des niveaux proches des normales saisonnières, voire supérieurs dans certaines régions. Idem pour les eaux de surface.

Lire aussi : Après un hiver mi-figue, mi-raisin, où en sont les réserves d'eau ?

Ces recharges sont indispensables pour apporter du « confort » surtout face à un été comme celui que nous vivons.

Céline, Hydrogéologue

Encore faut-il avoir suffisamment de ressources aux bons endroits. Et c’est là tout l’intérêt des chantiers du Schéma régional des ressources en eau (ou schéma directeur)« Déjà en 2022, nous avions bénéficié de la fin du chantier permettant d’alimenter Durbuy via le captage du Néblon de la CILE et soulager Nisramont », explique Thierry, Manager Exploitation de la Région Est.

Lire aussi : Durbuy alimenté depuis le Néblon, c’est Nisramont qui respire !

Depuis que nous avons sécurisé l’alimentation en eau de Beauraing, fini les ravitaillements par camions. Une difficulté en moins pour à gérer pour nos équipes et un apaisement pour les habitants !

Thierry, Manager Exploitation de la Région Est

Et des zones où les ressources sont limites et où il faut faire un appoint via des camions citernes pour garantir le remplissage des réservoirs et des châteaux d’eau, il y en a plusieurs.

Entre le 1/6 et le 15 août, ce sont 70.000 m³ qui ont été acheminés par camion citernes. Presque autant que les 90.000 m³ transportés sur toute l’année 2024 !

Matthieu, Ingénieur développement et monitoring

Si les noms de Laguespré (Vielsalm), Darcy (Houffalize), Gesves ou Trussogne (Houyet) ne vous disent rien, les conducteurs des camions les connaissaient par cœur ! « Ces 4 communes ont mobilisé les 2/3 des volumes qu’ils ont acheminés tout au long de l’été, dont 25.000m³ pour le seul réservoir de Laguespré », poursuit Matthieu.

21 communes SWDE sous surveillances mais de l’eau en permanence pour nos clients

Au final, 21 communes associées à la SWDE ont été placées sous surveillance :

  • 10 liées à Nisramont
  • 5 fortement impactées par l’appoint via camion-citerne
  • 6 du Tournaisis, où les conditions climatiques ont favorisé l’apparition de géosmine dans le bassin de la carrière à Tournai, réduisant les volumes disponibles à la Transhennuyère.

Au final, nous avons tenu notre engagement « De l’eau pour tous » car aucun client n’a manqué d’eau au robinet à cause de la sécheresse. Comment y sommes-nous parvenus ? Grâce aux actions de chacun et de chacune d’entre nous, menées sur le terrain ou depuis nos bureaux. Et c’est exactement l’objet du prochain article de notre série.

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