Et si la prochaine crise de l’eau pouvait être évitée ?
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D’ici 2028, la SWDE devra déployer des Plans de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau (PGSSE) sur l’ensemble de ses installations. Derrière cet acronyme, une nouvelle méthode pour anticiper les risques et renforcer la sécurité de l’eau distribuée aux citoyens.
Aujourd’hui, la sécurité sanitaire de l’eau ne se limite plus aux contrôles qualité réalisés en laboratoire. Avec les PGSSE, l’objectif est désormais d’anticiper les risques avant qu’ils ne deviennent potentiellement problématiques et impactent nos installations ou nos clients. Une obligation européenne qui s’imposera progressivement aux distributeurs d’eau wallons d’ici 2028. La SWDE a été mandatée pour mettre en place une méthodologie d’analyse à l’échelle du secteur de l’eau.
Une vision globale des risques
Le principe des PGSSE est simple : analyser tout le cycle anthropique de l’eau, depuis le captage jusqu’au réseau de distribution, afin d’identifier les situations à risque.
Parmi les événements étudiés :
- les inondations ou infiltrations d’eaux parasites ;
- les défaillances de traitement ;
- les contaminations liées au stockage ;
- les problèmes sur le réseau ;
- ou encore les erreurs humaines.
Chaque situation reçoit ensuite un score basé sur sa probabilité, sa gravité et la vulnérabilité des installations concernées. L’objectif : disposer d’une vision claire des priorités et des actions à mettre en place.
L’objectif des PGSSE est, via une méthodologie commune avec les différents distributeurs d’eau de la RW, d’avoir une cartographie du risque sanitaire afin de mieux l’anticiper et mettre en place les mesures nécessaires à sa prévention.
Ce qu’il faut retenir
- Un projet construit avec les métiers : Porté par l’équipe ARI (analyse de risques et incidents), le projet s’appuie à la fois sur des données de terrain, des informations d’exploitation et des outils cartographiques.
- Un prototype est déjà en cours de test sur deux zones fonctionnelles ; celles de Chièvres et de Vielsalm. Il permet notamment de calculer automatiquement les niveaux de risque et d’intégrer les mesures préventives ou de surveillance déjà existantes.
- Cette méthodologie pourrait demain servir de référence à l’ensemble du secteur wallon de l’eau. Une reconnaissance du savoir-faire développé en interne par les équipes SWDE et de leur capacité à transformer des données complexes en outils concrets d’aide à la décision.
- Preuve que ce projet dépasse l’intérêt unique de la SWDE, il bénéficie de subsides : un premier pour le travail réalisé autour du calcul du risque, un second pour la simplification de la méthodologie et le flux de validation sectorielle/rapportage au SPW/communication vers le grand public.
Le véritable enjeu n’est plus seulement de réagir lorsqu’un incident survient, mais d’identifier les fragilités avant qu’elles ne deviennent un problème.
Un outil utile pour tous les métiers
Au-delà des obligations réglementaires, les PGSSE doivent surtout faciliter la collaboration entre les différents métiers de la SWDE.
Les PGSSE vont permettre aux équipes qualité eau, exploitation, maintenance et données de travailler avec une lecture commune des risques et des priorités.
À terme, cette approche permettra d’améliorer encore la prévention, le suivi des installations et la sécurité sanitaire de l’eau distribuée aux citoyens.
Cartographier nos infrastructures pour mieux intervenir