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Quel avenir pour l’eau potable en Wallonie ?

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Vu l’été chaud et sec, on peut se demander comment envisager l’avenir… Nous avons demandé l’aide de notre collègue Louise, hydrogéologue au service Gestion des ressources. Elle a compilé des données internes mais aussi externes (Institut royal de météorologie, Service public de Wallonie, etc.) pour apporter des réponses nuancées à nos questions.

Bonne nouvelle, la SWDE n’a pas attendu l’été 2022 pour se poser cette question. Heureusement. C’est notamment pour cela qu’un projet de longue haleine comme le schéma régional des ressources en eau a été mis en place ou que nous Osons un horizon durable et que nous visons l’Objectif zéro incident.

Bilan d'un été chaud et sec

Doit-on s’attendre à des étés de plus en plus chauds ?

PLUTÔT OUI

Le changement climatique, tel qu’on le ressent aujourd’hui, va entraîner des conditions météorologiques extrêmes : d’un côté des vagues de chaleur et des sécheresses, de l’autre des fortes tempêtes et des inondations.

L’IRM prévoit un changement de température pour la Belgique entre 0,5 et 7° d’ici à la fin du siècle. Lorsque les températures augmentent, cela assèche les sols, ce qui diminue les infiltrations d’eau de pluie dans les nappes d’eau souterraine.

Doit-on s’attendre à des hivers moins pluvieux ?

PLUTÔT NON

En ce qui concerne l’évolution des précipitations d’ici la fin du siècle, le scénario le plus pessimiste retenu par l’IRM prédit des hivers nettement plus pluvieux et seulement une légère baisse des précipitations en été.

Attention, lorsque ces pluies sont trop intenses et ponctuelles, elles ruissellent vers les cours d’eau au détriment de la recharge des masses d’eau souterraine.

Est-ce que les nappes phréatiques sont menacées à terme par les épisodes de sécheresse ?

PLUTÔT NON en Wallonie

Des simulations ont été réalisées pour tenir compte de l’impact des changements climatiques sur les eaux souterraines (Sources : SPW et GIEC). Résultat : ces ressources devraient rester équivalentes à l’échelle de l’année d’ici à 2050.

Elles se renouvelleront globalement chaque année mais, par contre, en période de sécheresse, une baisse du niveau des nappes est constatée, particulièrement accentuée dans certaines masses d'eau plus sensibles aux variations de précipitations.

A cela s’ajoute une évolution probable de la demande en eau (irrigation, alimentation en eau potable, etc.), surtout en période de canicule, ce qui va conduire à solliciter davantage les ressources en eau.

Est-ce que les eaux de surface des barrages sont menacées par le changement climatique ?

OUI et NON

Un hiver pluvieux garanti a priori une alimentation continue en été grâce à la recharge importante de ces barrages. Toutefois, lorsque la demande sur le réseau est élevée, il peut y avoir des difficultés d’approvisionnement.

Exemple : une période de canicule accentuée par l’afflux touristique et le soutien fourni aux communes indépendantes à la SWDE, telles que celles de Libramont ou Rochefort. Là, des difficultés peuvent survenir.

Dans cette situation, des arrêtés de restriction d’usage de l’eau peuvent être imposés à l’échelle de la commune.

Au contraire, comme observé lors de l’été 2021, si l’apport en précipitations est trop élevé et soudain, la capacité de rétention des bassins versants et des barrages est limitée et entraîne des débordements et par conséquent des inondations. Une bonne gestion des débits entrant et sortant des barrages en fonction des conditions météorologiques devrait permettre de maîtriser à moyen terme l’impact des changements climatiques.

Pour rappel : la SWDE a 6 stations qui traitent de l’eau de surface. Les stations des barrages d’Eupen, La Gileppe, du Ry de Rome et de Nisramont ainsi que les station de Bras et de Chodes. Pour chaque barrage, une partie est disponible pour la production d’eau potable. Une autre partie est totalement indisponible, celle du fond du lac qui ne peut pas être prélevée.

Exemple avec cette carte illustrant la situation à la mi-août :

ETAT_DES_NAPPES_MESO_A4_10_MI-OCTOBRE
On peut voir que 33% de l’eau du barrage de Nisramont (C) est indisponible pour l’eau potable contre à peine 10% pour les barrages d'Eupen et de la Gileppe.

L'eau de nos lacs doit également permettre d'assurer un certain débit indispensable pour respecter l’équilibre des écosystèmes des rivières en aval (la Vesdre, le Ry de Rome, l’Ourthe et la Lomme). Cela fait partie de nos conventions avec le Service Public de Wallonie (SPW).

Est-ce que la SWDE met des actions prenant compte les évolutions climatiques ?

OUI TOUT A FAIT

Depuis de nombreuses années, la SWDE s’active pour que notre raison d’être « De l’eau pour tous, aujourd’hui et demain » soit et reste une réalité malgré l’évolution climatique. Notre adaptation passe par le schéma régional des ressources en eau. Nom de code de l’opération : SRRE 2.0

  1. Au travers du schéma directeur, nous interconnectons nos réseaux avec les autres opérateurs de l’eau et nous réalisons de grands chantier afin de mener l'eau là où elle manque en cas de sécheresse.
  2. Des partenariats se développent avec des entreprises pour qu’elles utilisent notre eau plutôt que de pomper directement dans les nappes, comme Cosucra

Le SRRE 2.0 aborde également les questions des usages agricoles et industriels, du développement territorial, de la performance des infrastructures publiques d’eau potable, l’évolution de la disponibilité de la ressource en eau, les nouvelles ressources, la régulation et la protection des prises d’eau, la priorisation des usages de l’eau, ainsi que les accords de coopération transrégionaux et internationaux en cas de stress hydrique.

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