Les prochains étés dans notre ligne de mire
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Chantiers à terminer, points faibles à repérer, ressources à mieux surveiller : l'après-été a sa feuille de route. Mais l'eau de 2040 se prépare dès aujourd'hui. De quelle quantité d'eau aurons-nous besoin ? Avec quelles ressources ? Petit tour d'horizon d'un avenir que nous avons déjà dans notre ligne de mire.
La sécheresse exceptionnelle de cet été a agi comme un crash-test grandeur nature : elle a montré ce qui se passe quand la demande grimpe plus vite que ce que nos infrastructures peuvent supporter. Les réponses immédiates ont été apportées. Mais corriger les fragilités d'aujourd'hui ne suffit pas : d'ici 2035-2040, les besoins, les usages et les territoires auront eux aussi changé. Préparer l'avenir, ce n'est donc pas regarder uniquement ce qui s'est passé. C'est aussi essayer de deviner où les demandes en eau seront plus importantes demain qu'aujourd'hui.
Lire : « Cet été nous a prévenus...»Le travail mené par Matthieu s’appuie notamment sur les projections démographiques du Bureau fédéral du Plan. Et les résultats réservent quelques surprises. Elles dessinent une Wallonie qui devrait atteindre un maximum de 3,76 millions d'habitants avant de décroître, mais pas partout au même rythme. Certains arrondissements atteindront leur maximum en matière de population vers 2040-2050 ; d’autres pourraient continuer à croître beaucoup plus longtemps.
À Charleroi, la hausse projetée est de l’ordre de 9 %. À Soignies, elle pourrait dépasser 30 %. Pourquoi ? Notamment parce que les prix de l’immobilier y sont plus accessibles et que Bruxelles reste facilement accessible en transports en commun.

Soignies, c'est un peu le Brabant wallon qui déborde. Avec 30 % d'habitants en plus, la consommation pourrait potentiellement augmenter de 40 à 50 %
Pour la SWDE, ce genre de projection change la manière de préparer les infrastructures. Dans une zone comme à Soignies où aucun schéma directeur n’était encore prévu, il faut désormais anticiper cette évolution. La marge de manœuvre existe encore : c’est précisément maintenant qu’il faut regarder ce qu’il faudra renforcer demain.
La demande en eau versus les ressources disponibles
Et la population n’est qu’une partie de l’équation. Les besoins liés au tourisme et à l’industrie doivent eux aussi être analysés.
Une fois ces besoins futurs identifiés, il faut les confronter à ce dont nous disposons aujourdh'ui : les ressources en eau, les capacités de pompage et de stockage, mais aussi la capacité de nos réseaux à acheminer l’eau là où elle sera nécessaire.
C’est là que le Schéma régional des ressources en eau 3.0 prend tout son sens. Ce projet sur lequel nous reviendrons plus en détail prochainement dans nous.swde s'inscrit dans la continuité du SRRE 1.0. Il prévoit de travailler sur plusieurs pistes en parallèle afin d'identifier les territoires vulnérables et orienter les investissements à l’horizon 2040 :
- mieux exploiter les données disponibles
- identifier de nouvelles ressources
- réduire les pertes liées aux fuites
- adapter les infrastructures
- mieux anticiper l’adéquation entre les besoins et les ressources.
Le problème n'est pas tant le volume global car les prélèvements annuels représentent 5 à 8 % des ressources renouvelables wallonnes. Le défi, c'est leur répartition et la capacité de nos infrastructures à encaisser les pics.
Quatre mots d'ordre du SRRE 3.0
La préparation de l'avenir passe aussi par la diversité des siolution. Le SRRE 3.0 explore d'autres leviers :
- Stocker : par exemple, en étudiant la possibilité de recharger certaines nappes lorsque l’eau est abondante pour disposer de davantage de réserves pendant les périodes sèches (cf. le projet MarWAL)
- Réutiliser : en réservant l’eau potable aux usages qui en ont réellement besoin. Les réseaux hybrides constituent une piste : certaines utilisations, comme le nettoyage des voiries ou l’arrosage d’espaces verts, peuvent être alimentées avec une eau de qualité différente
- Économiser :en poursuivant la chasse aux fuites et en améliorant encore la détection des pertes.(cf. Dr Leak)
- Prioriser : en réfléchissant aux usages essentiels de l’eau en période de sécheresse..
Reste l'imprévu. Cet été, du côté de Jalhay et Francorchamps, nous étions sur le fil en raison d'une conjugaison de facteurs aggravants : une canicule, un réservoir hors service pour rénovation à Jalhay et l'afflux de spectateurs pour assister au Grand Prix de Formule 1 se sont conjugués. Thierry, Manager Exploitation, en tire une leçon : il faut apprendre à anticiper ces cumuls, avec des plans B pour les zones critiques en été ou lors de grands événements.
Prévoir aussi l'imprévisible
Il restera toujours une part d’inattendu. Cet été, à Jalhay et Francorchamps, plusieurs facteurs se sont combinés : chaleur, forte demande liée aux spectateurs du Grand Prix de Formule 1 et réservoir indisponible pour rénovation. L’un des enseignements de cet épisode est qu’il faut aussi apprendre à anticiper ces cumuls et prévoir des solutions de secours pour les zones sensibles, notamment en période estivale ou lors de grands événements.
En conclusion - C’est finalement cela, préparer les prochains étés : ne pas seulement réparer ce qui a montré ses limites, mais utiliser ce que nous avons appris pour décider aujourd’hui de ce dont nous aurons besoin demain.